Aller trop vite à la solution

Face à un problème, notre premier réflexe est souvent de chercher une solution. C’est humain !Un écart apparaît, une...

Aller trop vite à la solution

Aller trop vite à la solution

Face à un problème, notre premier réflexe est souvent de chercher une solution. C’est humain !Un écart apparaît, une difficulté bloque le flux, un client attend, et nous voulons agir. Pourtant, la rapidité d’action n’a de valeur que si elle repose sur une compréhension suffisante de la situation. Sinon, nous risquons de confondre mouvement et progrès.

Sur le terrain, la première solution est souvent la plus séduisante, parce qu’elle donne le sentiment de reprendre le contrôle. 𝐌𝐚𝐢𝐬 𝐞𝐥𝐥𝐞 𝐞𝐧𝐟𝐞𝐫𝐦𝐞 𝐚𝐮𝐬𝐬𝐢 𝐥𝐚 𝐫𝐞́𝐟𝐥𝐞𝐱𝐢𝐨𝐧. Dès que l’on choisit trop vite une réponse, on cesse parfois de regarder. Les autres explications possibles disparaissent, les signaux faibles sont ignorés, et l’on finit par traiter le symptôme le plus visible plutôt que la cause réelle du problème.

Prendre le temps de 𝐟𝐨𝐫𝐦𝐮𝐥𝐞𝐫 𝐩𝐥𝐮𝐬𝐢𝐞𝐮𝐫𝐬 𝐡𝐲𝐩𝐨𝐭𝐡𝐞̀𝐬𝐞𝐬 change complètement la démarche. Il ne s’agit pas de ralentir pour le plaisir, ni de complexifier inutilement. Il s’agit de reconnaître que chaque problème peut avoir plusieurs lectures. Tester une hypothèse, c’est apprendre quelque chose sur le système. La confirmer permet d’agir avec plus de justesse. L’infirmer permet d’éviter une fausse piste. Dans les deux cas, l’organisation progresse, parce qu’elle comprend mieux ce qui se passe réellement.

C’est tout l’esprit du Kaizen : ne pas simplement “mettre en place une solution”, mais confronter une idée à la réalité. Le Lean ne nous demande pas d’avoir raison du premier coup. Il nous demande de construire les conditions pour apprendre plus vite, avec les équipes, au plus près du travail réel. Car au fond, la question n’est pas : quelle solution allons-nous appliquer ? Elle est d’abord : quelles hypothèses devons-nous tester pour comprendre ?


Rémi Vallée

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