Confondre test et mise en place : qu’est-ce qu’un vrai test ?

« On va tester cette solution ! » Combien de fois entend-on cette phrase dans les entreprises ? Pourtant, derrière le mot...

Confondre test et mise en place : qu’est-ce qu’un vrai test ?

Confondre test et mise en place : qu’est-ce qu’un vrai test ?

« On va tester cette solution ! » Combien de fois entend-on cette phrase dans les entreprises ? Pourtant, derrière le mot test se cache souvent une réalité bien différente : une décision déjà prise ou une solution que l'on déploie en espérant qu'elle fonctionne. On parle de test, mais on agit comme si l'on connaissait déjà la réponse. Et si notre manière de tester révélait surtout notre difficulté à accepter de ne pas savoir ?

Dans une démarche Lean, tester ne signifie pas essayer une solution en espérant qu'elle marche. Tester, c'est chercher à apprendre quelque chose (que l'on ne sait pas encore).

Cela suppose de formuler une hypothèse : « Nous pensons que ce problème vient de cette cause, et que cette modification devrait produire tel effet. » Sans hypothèse explicite, sans résultat attendu et sans observation permettant de comparer ce qui se passe à ce que l'on avait anticipé, difficile de parler d'un véritable test. On a simplement changé quelque chose.

La confusion apparaît souvent dans la manière d'engager les équipes. On prépare le changement, on forme les collaborateurs, on modifie les standards, puis on annonce une période de test. Mais une fois autant d'énergie investie, qui a encore envie de reconnaître que la solution ne fonctionne pas ? Plus le test ressemble à un déploiement, plus il devient difficile de remettre en question l'idée de départ. On cherche alors à démontrer que l'on avait raison plutôt qu'à comprendre ce que la réalité nous apprend.

Un vrai test devrait au contraire être suffisamment petit, rapide et réversible pour nous autoriser à nous tromper. On peut aussi par exemple choisir de tester une multitude d'idées en "concurrence" plutôt que l'une après l'autre, pour ne pas s’essouffler.

Au fond, la réussite d'un test ne se mesure pas au fait que la solution fonctionne, mais à ce que nous avons appris. Un test qui invalide notre hypothèse peut nous éviter des semaines de déploiement inutile. À l'inverse, une contremesure qui semble fonctionner sans que nous comprenions pourquoi nous laisse bien démunis lorsqu'elle cesse de produire ses effets.


Rémi Vallée

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