Le TPS : une autre façon de décider

Lorsque l'on évoque le Toyota Production System, la conversation tourne souvent autour des outils : kanban, andon, takt...

Le TPS : une autre façon de décider

Le TPS : une autre façon de décider

Lorsque l'on évoque le Toyota Production System, la conversation tourne souvent autour des outils : kanban, andon, takt time, 5S... Pourtant, si l'on observe les principes mis en avant par Akio Toyoda, un détail frappe immédiatement. Aucun d'entre eux ne parle d'outils. Ils parlent de priorités. Les personnes avant la productivité. Le client comme référence. La préparation avant la précipitation. Le terrain comme source de vérité. Finalement, le TPS apparaît moins comme une méthode de production que comme une manière de décider.

Cette perspective est déroutante. Dans beaucoup d'entreprises, les arbitrages quotidiens sont dictés par l'urgence : produire plus, livrer plus vite, tenir les délais. Le Lean propose un renversement. Il invite à prendre des décisions qui peuvent sembler moins efficaces à court terme : investir dans les compétences avant de chercher des gains de productivité, résoudre un problème plutôt que le contourner, ralentir pour préparer plutôt que corriger ensuite. Ces choix ne relèvent pas de l'intuition ; ils traduisent une vision de long terme.

C'est sans doute ce qui explique la difficulté à mettre en œuvre le Lean. Les outils s'apprennent relativement vite. Changer ses critères de décision est autrement plus exigeant. Le TPS ne demande pas seulement de faire différemment ; il demande de regarder différemment ce qui crée réellement de la valeur. La performance devient alors une conséquence de décisions cohérentes plutôt qu'un objectif poursuivi à tout prix.

 

Rémi Vallée


Rémi Vallée

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